Avec le printemps vient le moment pour les jeunes chrétiens de faire leur communion. Mais avant ce jour crucial, une longue préparation et un apprentissage de la foi sont nécessaires.

La toute première condition pour avoir le droit de communier est bien entendu d’avoir été baptisé. En effet, pour un communiant, cette cérémonie représente le renouvellement de sa foi après le baptême. Mais l’importance est toute autre, car le jeune adulte s'engage cette fois consciemment dans la foi religieuse. Pour cela, il doit normalement subir une préparation catéchétique de deux ans au minimum. Cette période de catéchisme a pour but de lui apprendre l’histoire de la religion, pour lui permettre de savoir sur quelle voie il s’engage. Cet apprentissage est également spirituel, car on lui enseigne les valeurs essentielles à respecter. Quelques semaines avant la communion, aussi appelée profession de foi, les enfants suivent une sorte de « stage de préparation » pour mieux appréhender ce moment important.

La cérémonie est non seulement répétée, mais on leur inculque également comment se comporter lorsqu’ils reçoivent l’hostie, symbolisant le corps du Christ, pour la première fois. Durant cette préparation, les enfants doivent vivre l'expérience du Sacrement de Réconciliation et de Pénitence. Pour l’église, la communion ne peut avoir lieu sans ce sacrement. Son but est à la fois pédagogique et évangélique. C’est à l’enfant d’effectuer la démarche en trouvant le prêtre. Ce dernier l’incite à la prière, à placer sa vie sous le regard de l'Évangile, et surtout à discerner le bien et le mal. Toute cette période implique que l’enfant soit présent à l’église, condition indispensable pour recevoir la communion.
La cérémonie, telle que nous la connaissons actuellement, n’existe pas depuis les débuts du christianisme. En effet, jusqu’au XIIe siècle, le baptême était immédiatement suivi par la communion. Les prêtres avaient pour coutume d’humecter les lèvres du nouveau baptisé avec du vin consacré. Cette façon de procéder a été conservée, notamment dans l’église d’Orient, où elle est toujours pratiquée. C’est au XIIIe siècle que la tradition change. Sous l’autorité du pape Innocent III, le Concile de Latran IV trouve plus judicieux de permettre aux enfants de mieux appréhender la chrétienté. Il est alors décidé que la communion aurait lieu vers 12 ans pour les filles, et vers 14 ans pour les garçons. Mais aucune cérémonie officielle n’est organisée. Il convient aux parents d’organiser ce rite en privé. C’est au XVIe siècle que la communion devient une étape importante dans la vie des chrétiens. Au cours du siècle suivant, elle se transforme en rituel public. Les enfants sont alors réunis et la communion est célébrée en commun au cours d’une cérémonie solennelle. Mais avec le temps, ce rite devient un événement autant familial que religieux. Petit à petit, la communion prend un autre sens, véritable passage à l’âge adulte. À partir du XIXe siècle, après sa communion, l’enfant recevait plus d’attention de la part de la société. Par exemple, il avait le droit de s’asseoir à table avec les grands et de se servir tout seul. De même, les garçons étaient autorisés à porter le pantalon long, et les filles avaient le droit de porter le chignon. Vers la fin du siècle, les communiants étaient vêtus de blanc, une façon de marquer leur pureté.
Mais toutes ces valeurs ont maintenant disparu, les enfants s’asseyant à table ou ayant le droit de porter des pantalons dès leur plus jeune âge. Certaines paroisses demandent à leurs communiants de porter la « robe Jésus » lors de la cérémonie, mais cette tendance est en train de disparaître. La cérémonie se déroule en groupe, avec tous les communiants ayant suivi les réunions de préparation. C'est donc tout naturellement ensemble qu'ils partagent ce moment fort. Le rite est une reconstitution de la Céne, le dernier repas du Christ, pendant lequel il donna le pain rompu à ses disciples en symbole de son corps. Le communiant reçoit à son tour le corps du Christ sous la forme de l'hostie. Moment fort et symbolique, c'est le plus attendu par l’enfant et les parents, l’apothéose de la cérémonie.
Il ne reste plus ensuite à la famille qu’à aller fêter dignement l’évènement autour d’un bon repas où l’enfant recevra des cadeaux.